Le récit de Julien Duprat - Championnat d’Europe 3D à Divčibare (Serbie) – 27 sep au 5 oct 2025
Texte de Julien Duprat – Archer à la Compagnie d'archers de Muret, sélectionné en équipe de France en tir 3D

Une aventure européenne inoubliable
Fin septembre, j’ai eu la chance incroyable de représenter la France au Championnat d’Europe de tir 3D à Divčibare, en Serbie.
Une première sélection que j’attendais avec impatience, et qui restera, sans aucun doute, comme une expérience humaine et sportive exceptionnelle.
Le départ : en route vers l’inconnu
Tout commence à Villate, un vendredi matin, avec Fred et Arnaud. On prend la route direction Neuilly sur Marne, dans la nouvelle voiture de Fred.

Le trajet se passe bien, long mais ponctué de rires et d’excitation. On pensait pouvoir s’entraîner en arrivant, mais il est déjà 19h quand on atteint l’hôtel. Un bon repas, une serveuse un peu trop généreuse avec le Calvados (heureusement refusé par Fred !), et la première soirée est pliée.
Le lendemain, réveil à 3h44. Autant dire que la journée s’annonce longue. On est les premiers archers sur place, dans un superbe centre de loisirs autour d’un lac et d’une forêt qui rappelle un peu Brioudes.
Les duels s’enchaînent, et tout se passe bien : deux victoires, une défaite d’un point contre Rennes, et au final, nous terminons meilleurs seconds. Une belle entrée en matière, pleine de promesses. Direction quart de finale. Là, petite déception : 47/57 contre Rennes. Mais quel parcours.

Puis mes coéquipiers me laisse sur Paris, et le club de l’Union m’adopte pour me déposer à l’hôtel, avec le groupe France, un peu fatigués mais impatients de découvrir une compétition internationale.
Cap sur la Serbie
Le dimanche, nous partons avec la Team France depuis l’hôtel. Avion, bus, et paysages magnifiques à travers les montagnes serbes : ça y est, on y est.

J’arrive à Divčibare, petite station de montagne, et je partage ma chambre avec Steve, mon partenaire de chambre tout au long du séjour.
À peine installés, on part courir pour se dégourdir les jambes et découvrir les alentours. Le soir, détente à la piscine, au sauna, au hammam… avant d’entrer dans le vif du sujet.

Préparation et premières sensations
Le lendemain, place à l’entraînement officiel. Il fait froid, la pluie s’invite, mais la motivation est là.
Je décide, un peu sur un ressenti, de tirer avec mon deuxième arc Uukha, et cette décision s’avérera très vite payante.
En fin de journée, nous participons à la cérémonie d’ouverture. Amandine, notre porte-drapeau, porte haut les couleurs de la France. Voir le drapeau tricolore flotter dans cette ambiance internationale, entouré de toutes les nations, c’est un moment fort, presque irréel.

Premier jour de compétition : dans le rythme
Réveil matinal, la tension monte, mais les sensations sont bonnes.
Je tire dans un peloton avec un Roumain, un Autrichien et un Finlandais. L’ambiance est top, concentrée, respectueuse.
Dès les premières cibles, le tir est fluide. Je reste fidèle à ma stratégie, je gère bien la pression et les estimations. Malgré une petite erreur sur un dino, qui me coûte un manqué, je signe une superbe journée : 443 points, mon record personnel, et une 8ème place provisoire.
Une fierté immense, et surtout la confirmation que tout le travail de la saison porte ses fruits.
Deuxième jour : un nouveau record
Le lendemain, rebelote. Je me sens bien, concentré. Le tir est propre, même si la communication dans le peloton est plus limitée (merci mon super niveau d’anglais).
Les douze premières cibles se passent parfaitement. Sur les douze suivantes, la fatigue se fait sentir, mais je tiens bon.
Résultat : 455 points, un deuxième record personnel consécutif.
J’ai franchi un vrai cap. Je ressors de ces deux jours fatigué, mais heureux et fier.

Le brouillard et la neige s’invitent à la fête
Et puis… la Serbie a décidé de nous rappeler qu’on était en montagne.
La journée de mercredi commence sous un brouillard très épais, avec une visibilité max à 30m. L’organisation décide, pour des raisons évidentes de sécurité, de suspendre le championnat.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, la neige s’est mise à tomber, d’abord doucement, puis de plus en plus fort. En quelques heures, tout le site était sous 20 à 40 cm de neige.

Les tentes d’échauffement se sont effondrées, les arbres ployaient sous le poids. La compétition a été suspendue une journée de plus, là, par les autorités locales.

Mais ce que je retiendrai, c’est l’incroyable travail de l’organisation et des bénévoles. Malgré le froid, la neige, la fatigue, ils ont tout donné pour que la compétition puisse reprendre.

Sans eux, ce championnat ne se serait jamais terminé. Un immense merci et respect à toute l’équipe sur place.
La reprise : équipes et individuels
Samedi, les conditions s’améliorent et la compétition reprend.
Les tirs mixtes le matin, les équipes l’après-midi. Je tire avec Joan, Steve et Robin dans l’équipe masculine. On donne tout, mais on s’incline en quart de finale contre les Anglais.
Le dimanche, place aux duels individuels.Je me retrouve face à Ludvig, un Suédois solide. Le match est magnifique : nous terminons 78 à 78, à égalité parfaite.
En barrage, je veux trop bien faire, et je garde trop longtemps les doigts sur la corde. Ma flèche finit dans le 5, la sienne dans le 11. Je suis éliminé, mais je n’ai aucun regret.
J’ai tout donné, et j’ai vécu un moment intense. Dans d’autres 1/8 de finale, mon score aurait suffi à passer, mais c’est le jeu.

Un bilan plus que positif
Ce championnat d’Europe restera gravé à vie.
Pour mes deux records personnels, pour la beauté du site, pour la neige qui a bouleversé nos plans, et surtout pour l’ambiance incroyable vécue au sein de l’équipe de France.

Un grand merci à tous mes coéquipiers, aux coachings staff, à mon préparateur mental Robert, à mon partenaire de chambre Steve, et bien sûr à mon club, la Compagnie des Archers de Muret, pour leur soutien sans faille.
Et surtout, un immense merci à ma famille, pour leur présence, leur patience et leur soutien indéfectible. Dans ce genre d’aventure, ils ont une place centrale.
Enfin, merci à mes sponsors Uukha et Bicaster, pour leur confiance et la qualité de leur matériel, ainsi qu’à tous ceux qui rendent ces compétitions possibles.

Et maintenant… place à la suite !
Après cette parenthèse hors du temps, direction la saison salle. On va laisser doucement le matériel et le bonhomme s’habituer au changement de décor…


